Les ancêtres Dungton

(2013)
Pièce de théâtre / Drame, fantastique
avec Bruno Munda, Edouard Honegger, Lucas Margolliet, Julien Decourty

Synopsis
Campagne anglaise, janvier 1872.
Réunis dans le manoir d’Olehon Dungton, quatre hommes attendent de percevoir l’héritage d’un ancêtre inconnu.
Durant la nuit qu’ils passeront à se croiser sous le portrait d’Olehon, ils comprendront peu à peu que tout a un but, tout a une fin ; rien n’arrive jamais par hasard.

« Il y a des moments où tout me fascine, mais c’est pour aller contre la fadeur des choses. »

Presse
« Il convient tout d’abord de saluer l’écriture de Sarah Beaulieu, dont la qualité littéraire frise le sans-faute : sa langue très XIXe, que les interprètes ont bien su se mettre en bouche, ravit l’oreille et anime avec une adroite malice des silhouettes romantico-gothiques qui auraient pu arpenter les maisons Usher ou Hurlevent, ou les films de Roger Corman. Jeu de marionnettes aux ficelles pirandelliennement emmêlées, cette ambiance très codifiée agit comme un puissant révélateur sur certains comédiens – tel le jeune Edouard Honegger (Earnest), dont le feu, l’assurance et le physique rappellent le débutant Francis Huster. »
Vincent Raymond, La Tribune de Lyon

« Voilà un tour de passe-passe réussi ! Sarah Beaulieu arrive avec quelques éléments de décor bien choisis à plonger le spectateur dans le XIXe siècle anglais pluvieux. Par une écriture détaillée et un jeu d’acteur efficace, tout se met en place permettant même d’imaginer les à-côtés de cette intrigue bien ficelée et captivante. »
Nadja Pobel, Le Petit Bulletin

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Extrait

(Dans cet extrait, Earnest, un jeune scientifique obsédé par ses rats, et Henry, son oncle, se retrouvent seuls. La main d’Ernest est serrée dans un bandage depuis le début de la pièce.)

EARNEST
Vous n’observez jamais rien, n’est-ce pas ? Voilà pourquoi les éléments de votre vie s’enchaînent si mal. Vous ne vous demandez jamais pourquoi rien ne va avec rien, pourquoi les réactions des autres vous surprennent toujours, même quand elles sont faciles à prévoir ? Vous parlez de mon apathie. Ce n’est pas parce que vous êtes bavard que vous n’êtes pas vous-même apathique. Vous êtes l’homme le plus mou que je connaisse. Quelque chose arrive, et vous ne faîtes rien pour l’éviter. Vous le prenez en pleine figure. Boum.
(silence)
Je suis sorti, hier. J’ai marché trois heures avant d’atteindre les abords de la ville. Je crois que l’odeur de la mort avait fini par me serrer le crâne. J’ai fait quelques pas, un peu après le dîner. Je pensais aller fumer un cigare dans un de ces restaurants sur la grand-rue… Je suis entré, je me suis assis dans un large fauteuil en cuir…
(Il commence à défaire le bandage autour de sa main)
Trois hommes sont venus me rejoindre. Ils se sont présentés comme de vos amis. Ils étaient charmants. Ils m’ont proposé de me ramener. Je ne suis pas naïf, Henry, non plus que faible ni impressionnable. Je crois qu’ils le savaient. Vous, en revanche …

Earnest a terminé de défaire le bandage, et présente sa main. La paume est marquée d’une plaie qui forme le nombre 60. Silence.

EARNEST [suite]
Ne prenez pas cet air dramatique. Au moins, ils m’ont laissé mes doigts.
(il observe sa main)
Soixante-mille, c’est ce que vous leur devez, non ?

Silence.

HENRY
Je suis désolé.

EARNEST
Encore une fois, je me fiche de leurs pitoyables menaces. Mais il faut que vous le sachiez : je ne mourrai pas pour vous. Je mourrai seul, dans un grand lit de soie, de maladie ou de fatigue. Mais je me suis juré de ne jamais mourir pour une cause. Et certainement pas la vôtre.

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Les Ancêtres Dungton

Poste

  • Auteur, metteur en scène